Les chiffres du dossier.
Douze chiffres qui fondent l'argumentation contre cette localisation. Chacun renvoie à sa source documentaire directe, des résolutions du Conseil des ministres aux communiqués officiels, du cadastre IFAP à la Cour de justice de l'Union européenne.
Synthèse quantitative
Douze chiffres à connaître.
Tableau de référence rapide pour l'entretien, le débat public et l'instruction technique. Chaque bloc identifie le chiffre, sa description factuelle et la source documentaire ou normative qui le fonde. La lecture conjointe de ces chiffres est l'argument qui démonte le mieux la présentation du projet comme une « décision technique fondée ».
7 500 ha
Superficie prévue du champ de tir, s'étendant sur plusieurs communes de l'Alto Alentejo (Alter do Chão, Monforte, Crato et Fronteira).
Source : communiqué portugal.gov.pt, 12 mars 2026.
~99 %
Du périmètre prévu est une propriété agricole privée. L'État dispose dans la région de terrains publics qu'il n'a pas utilisés.
Source : croisement IFAP 2025 et cadastre géoréférencé.
329-375
Parcelles agricoles avec une demande PAC active en 2025 dans le périmètre. 58 à 81 agriculteurs distincts directement touchés.
Source : croisement IFAP 2025 × polygone probable du CT.
7 539 ha
Superficie du champ de tir d'Alcochete, en cours de démilitarisation. Le nouvel aéroport occupe entre 1 920 et 3 400 hectares, moins de la moitié du site. Le champ de tir est pourtant déplacé vers un terrain agricole privé à Alter do Chão.
Source : ANA Aeroportos ; résolution de démilitarisation (jusqu'à 4,5 M€), 2026.
11,8 km · 85 bars
De gazoduc Campo Maior–Leiria traversent le périmètre prévu. Pression d'exploitation : 85 bars. Principal point d'entrée du gaz naturel au Portugal.
Source : REN, carte officielle du Réseau national de transport de gaz, 2025.
85-215 M€
Estimation pour la déviation du gazoduc. Délai d'autorisation : 5 à 8 ans. Aucune trace de contact public avec REN au titre de l'arrêté 806-C/2022.
Source : arrêté 806-C/2022, DGEG, articles 7, 19 et 57.
298-608 M€
Estimation indépendante du coût total. Le ministre a refusé de présenter le moindre chiffre. ANA Aeroportos a expressément exclu ces coûts du rapport du nouvel aéroport.
Source : construction indépendante à partir de REN, IFAP, conservatoires, coûts OTAN comparables.
5-20 M€/an
Coût d'utilisation de Bardenas Reales (Espagne), alternative OTAN ouverte aux alliés depuis 1982 avec 80 % de capacité disponible.
Source : doctrine Smart Defence de l'OTAN, en vigueur depuis 2012.
28 jours
Entre la publication du DL 35/2026 (qui protège la ZSC Cabeção) et l'annonce du champ de tir exactement sur cette zone.
Source : décret-loi 35/2026, du 11 février ; communiqué du MDN, 11 mars 2026.
14 mois
Entre janvier 2025 (début des pourparlers entre le MDN, l'armée de l'air et la mairie) et l'annonce publique le 11 mars 2026. Aucune structure démocratique locale n'a été informée.
Source : communiqué du PS local d'Alter do Chão, 19 mars 2026.
200 / 3 180
200 militaires prévus et leurs familles. Commune de 3 180 habitants résidents (recensement 2021). Augmentation démographique militaire immédiate supérieure à 6 %.
Source : communiqué portugal.gov.pt, 12 mars 2026 ; INE, recensement 2021.
−90 %
Déclin national de l'outarde canepetière (Tetrax tetrax) en vingt ans, avec seulement environ 1 736 mâles restants dans le pays. Espèce En danger critique au Portugal.
Source : 4e recensement national de l'outarde canepetière, BIOPOLIS/CIBIO, juin 2026.
Sur tous les indicateurs, la balance penche en faveur de l'agriculture, de l'environnement et des finances publiques. L'apport militaire effectif dans l'économie locale se situe entre 1,6 et 3 millions d'euros par an. La perte agricole et rurale directe annualisée se situe entre 18 et 30 millions d'euros. Le champ de tir détruit cinq à dix fois plus de valeur économique locale que l'apport militaire n'en génère.
La présentation publique du projet comme une « opportunité » pour Alter do Chão ne résiste pas à la lecture d'ensemble des chiffres, et le refus du gouvernement de présenter des coûts officiels aggrave le problème au lieu de le résoudre.